Nachrichten
Un outrage à Marti, commis il y a soixante ans, a reçu sa réponse
Aucun cubain ne peut effacer de sa mémoire l’image de ce marine nord-américain grotesquement monté sur les épaules de la statue de José Marti qui se trouve au centre du Parc Central de la capitale, et urinant sur sa tête.
Quelle
ACN
Datum
Aucun cubain ne peut effacer de sa mémoire l’image de ce marine nord-américain grotesquement monté sur les épaules de la statue de José Marti qui se trouve au centre du Parc Central de la capitale, et urinant sur sa tête.
Une date : le 11 mars 1949. Ils avaient l’habitude de considérer la ville comme un immense lupanar bon marché. Les vaisseaux de la marine nord-américaine y faisaient escale. Les équipages y les hommes de troupe en permission envahissaient les bars, les maisons closes et les zones de tolérance et y faisaient la démonstration de leur arrogance.
Les gens n’acceptaient pas passivement leur conduite qui, malgré la protection des autorités locales, avait déjà causé de nombreuses bagarres avec ces indésirables visiteurs. Ce jour là, les marines qui observaient d’en bas les pitreries du clown monté sur les épaules de la statue de l’Apôtre de l’Indépendance de Cuba, l’applaudissaient en riant sans se préoccuper des protestations des passants indignés.
Signe de l’époque, les agents de police n’intervenaient pas, jusqu’au moment où des élèves du Lycée voisin, l’un des plus réputés de La Havane, ont commencé à jeter des pierres et des bouteilles aux insolents. Les marines, qui étaient de toute évidence ivres et sans doute même drogués, furent alors immédiatement arrêtés, mais seulement, comme l’expliquèrent rapidement les chefs de la police, « pour les protéger de la colère populaire ». Seuls les étudiants reçurent les coups des agents chargés de faire respecter l’ordre public.
Les coupables de cet outrage furent conduits à la Première Station de Police mais ils n’y restèrent que le temps nécessaire pour que le capitaine Thomas Francis Cullens, attaché naval des États-Unis à Cuba, puisse y arriver. Cependant, l’incident ne passa pas inaperçu, malgré tous les efforts des autorités pour le faire oublier. Le lendemain, le quotidien ‘Alerta’ publia en première page la photo qu’avait pu prendre sur le moment Chaviano, un photographe ambulant, accompagnée d’un gros titre. Au moment où commençait à circuler le journal, des jeunes de l’Université et du Lycée de la Havane, ainsi qu’un grand nombre d’autres personnes se réunissaient pour protester devant l’ambassade des États- Unis.
A la tête de la manifestation se trouvait le jeune Fidel Castro Ruz, ainsi que plusieurs dirigeants de la Fédération Etudiante Universitaire. Au moment où l’ambassadeur sortait sur le balcon de l’édifice, un contingent policier dirigé par le tristement célèbre colonel José M. Caramés déboucha sur la Place d’Armes et la scène du jour précédent se répéta : une vingtaine de jeunes durent être conduits au dispensaire le plus proche, Rue Corrales. Tout s’est terminé avec de timides excuses du diplomate, ainsi que la suppression des permissions et une réprimande pour les ‘facétieux’ marines. Il n’existe aucun document qui démontre qu’ils ont été présentés devant un tribunal ni condamnés pour un outrage aussi grave à une figure emblématique de la nation.
Soixante ans après, l’épisode n’est plus qu’un mauvais souvenir d’une époque révolue, celle de la république médiatisée, et le reflet d’une conduite politique impériale caractérisée par le mépris et l’arrogance, maintenue pendant deux siècles, avec la seule différence que maintenant, une fois récupérées son indépendance et sa dignité, l’île antillaise rend un tribut permanent à son Maître à penser. Título en español El ultraje a Martí no quedó sin respuesta
Une date : le 11 mars 1949. Ils avaient l’habitude de considérer la ville comme un immense lupanar bon marché. Les vaisseaux de la marine nord-américaine y faisaient escale. Les équipages y les hommes de troupe en permission envahissaient les bars, les maisons closes et les zones de tolérance et y faisaient la démonstration de leur arrogance.
Les gens n’acceptaient pas passivement leur conduite qui, malgré la protection des autorités locales, avait déjà causé de nombreuses bagarres avec ces indésirables visiteurs. Ce jour là, les marines qui observaient d’en bas les pitreries du clown monté sur les épaules de la statue de l’Apôtre de l’Indépendance de Cuba, l’applaudissaient en riant sans se préoccuper des protestations des passants indignés.
Signe de l’époque, les agents de police n’intervenaient pas, jusqu’au moment où des élèves du Lycée voisin, l’un des plus réputés de La Havane, ont commencé à jeter des pierres et des bouteilles aux insolents. Les marines, qui étaient de toute évidence ivres et sans doute même drogués, furent alors immédiatement arrêtés, mais seulement, comme l’expliquèrent rapidement les chefs de la police, « pour les protéger de la colère populaire ». Seuls les étudiants reçurent les coups des agents chargés de faire respecter l’ordre public.
Les coupables de cet outrage furent conduits à la Première Station de Police mais ils n’y restèrent que le temps nécessaire pour que le capitaine Thomas Francis Cullens, attaché naval des États-Unis à Cuba, puisse y arriver. Cependant, l’incident ne passa pas inaperçu, malgré tous les efforts des autorités pour le faire oublier. Le lendemain, le quotidien ‘Alerta’ publia en première page la photo qu’avait pu prendre sur le moment Chaviano, un photographe ambulant, accompagnée d’un gros titre. Au moment où commençait à circuler le journal, des jeunes de l’Université et du Lycée de la Havane, ainsi qu’un grand nombre d’autres personnes se réunissaient pour protester devant l’ambassade des États- Unis.
A la tête de la manifestation se trouvait le jeune Fidel Castro Ruz, ainsi que plusieurs dirigeants de la Fédération Etudiante Universitaire. Au moment où l’ambassadeur sortait sur le balcon de l’édifice, un contingent policier dirigé par le tristement célèbre colonel José M. Caramés déboucha sur la Place d’Armes et la scène du jour précédent se répéta : une vingtaine de jeunes durent être conduits au dispensaire le plus proche, Rue Corrales. Tout s’est terminé avec de timides excuses du diplomate, ainsi que la suppression des permissions et une réprimande pour les ‘facétieux’ marines. Il n’existe aucun document qui démontre qu’ils ont été présentés devant un tribunal ni condamnés pour un outrage aussi grave à une figure emblématique de la nation.
Soixante ans après, l’épisode n’est plus qu’un mauvais souvenir d’une époque révolue, celle de la république médiatisée, et le reflet d’une conduite politique impériale caractérisée par le mépris et l’arrogance, maintenue pendant deux siècles, avec la seule différence que maintenant, une fois récupérées son indépendance et sa dignité, l’île antillaise rend un tribut permanent à son Maître à penser. Título en español El ultraje a Martí no quedó sin respuesta
