"Les peuples d’Amérique se sont libérés du colonialisme espagnol au début du siècle passé, mais ils ne se sont pas libérés de l’exploitation. Les grands propriétaires terriens féodaux ont assumé l’autorité des gouvernants espagnols, les Indiens ont continué à subir un servage pénible, l’homme latino-américain, d’une manière ou d’une autre, est resté esclave, et les maigres espoirs des peuples se sont dissipés sous le pouvoir des oligarchies et la domination du capital étranger".
Citations
“Les peuples pensent très différemment, les peuples pensent que la seule chose incompatible avec les destinées de l’Amérique latine, c’est la misère, l’exploitation féodale, l’analphabétisme, les salaires de famine, le chômage, la politique de répression contre les masses ouvrières, paysannes et étudiantes, la discrimination de la femme, du Noir, de l’Indien, du métis, l’oppression des oligarchies, le pillage de leurs richesses par les monopoles yankees, l’asphyxie morale de leurs intellectuels et de leurs artistes, la ruine de leurs petits producteurs victimes de la concurrence étrangère, le sous-développement économique, les villages sans chemins, sans hôpitaux, sans logements, sans écoles, sans industries, la soumission à l’impérialisme, la renonciation à la souveraineté nationale et la trahison de la patrie”.
"Que l’on cesse de transférer au Tiers-monde des styles de vie et des habitudes de consommation qui ruinent l’environnement. Que l’on rende la vie humaine plus rationnelle. Que l’on instaure un ordre économique international juste. Que l’on utilise toute la science nécessaire à un développement durable sans pollution. Que l’on paie la dette écologique, non la dette extérieure".
"(...) tout ce qui contribue aujourd’hui au sous-développement et à la pauvreté constitue une violation flagrante de l’écologie. Des dizaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants en meurent chaque année dans le Tiers-monde, plus que durant chacune des deux guerres mondiales. L’échange inégal, le protectionnisme et la dette extérieure agressent l’écologie et favorisent la destruction de l’environnement".
"(...) pour être actuellement économistes du peuple, je répète, il faut être économiste politique; et les hommes politiques doivent posséder un minimum de connaissances économiques et, si possible, un maximum de connaissances en cette matière, car l'économie est à l'heure actuelle l'arène où se joue le destin de l'humanité, la base de nos luttes. Et les hommes politiques qui ne comprennent pas ou qui ne veulent pas comprendre, ou qui ne fassent des efforts pour apprendre l'économie ne sont pas dignes de jouer le rôle qui leur incombe en tant qu’hommes politiques".
“On essaye de nous imposer un ordre économique dans lequel nos pays pauvres et petits n’ont qu’un seul avenir: devenir une immense zone franche où l’industrie et le capital des puissants trouveront une main-d’oeuvre à bon marché, où ils détruiront notre environnement, épuiseront nos ressources et multiplieront les gains sans même payer d’impôts”.
“L’on prétend imposer le même traitement à des pays ayant des capacités et niveaux de développement très différents, ce qui est profondement injuste. Nos économies particulièrement arriérées et vulnérables -conséquence logique des siècles de colonisation, d’esclavage et de pillage-, privées de schémas préférentiels et de toute contribution extérieure considérable de ressources non remboursables, ne pourraient jamais participer avec succès à l’économie mondiale.”