"Quand j’ai dit que Cuba éliminerait l’analphabétisme en un an, ça semblait une affirmation téméraire, quelque chose d’impossible… Oui, impossible pour n’importe quel peuple du monde, mais pas pour un peuple en révolution. Car seul un peuple en révolution est capable de déployer les efforts et l’énergie nécessaires pour atteindre un objectif si gigantesque."

 

Discours et interventions : Pour la célébration des cents ans de lutte, à  la Demajagua, Monument national, Manzanillo, province d’Oriente, le 10 octobre 1968.

Discurso pronunciado en la Plaza de la Revolución "José Martí", para proclamar a Cuba Territorio Libre de Analfabetismo

"Qui nous donnera l’avenir ? Nous ! Qui garantira un avenir heureux à notre patrie ? Nous, et rien que nous ! Personne ne le fera à notre place, il ne dépendra de personne, sinon de nous. La chance est là et nous avons tout ce qu’il faut".

"Nesses três anos aprendemos muito. Aprendemos que um povo pode tudo; aprendemos que um povo é capaz de vencer todos os obstáculos;Ces trois années nous ont beaucoup appris. Elles nous ont appris qu’un peuple peut tout, qu’un peuple est capable de surmonter tous les obstacles, qu’un peuple est capable de contrer de puissants ennemis, qu’un peuple est capable de consentir tous les sacrifices nécessaires, qu’un peuple, quand vient son heure, quand arrive sa chance, est capable de la saisir.

Sachons donc saisir cette grande chance, celle à laquelle ont aspiré nos ancêtres dans leurs guerres d’Indépendance, à laquelle ont aspiré tant de combattants du peuple, qui a coûté tant de sacrifices, tant de martyrs dans la lutte contre l’oppression et la tyrannie, dans la lutte dans les montagnes, dans la lutte pour défendre nos côtes. Cette chance, sachons donc la saisir !"

"México es un ejemplo de cómo deben ser las relaciones entre los pueblos; México es un vecino de Cuba, igual que lo son los yankis, sin embargo, el pueblo de Cuba no ha tenido problemas con el Gobierno mexicano; el pueblo de Cuba aplaude aquí al pueblo, a la nación y al gobierno mexicanos".

"Nous avons confiance dans les peuples, nous savons qu’ils sont les seuls à faire la révolution. Que peuple aurait pu venir ici faire la révolution à notre place ? La Révolution, c’est l’œuvre du peuple dans lequel nous avons une confiance sans bornes".

"Les peuples s’agitent de plus en plus, la conscience révolutionnaire augmente. Et comme il est impossible que les peuples se résignent à vivre dans la misère où les plonge l’impérialisme, se résignent à cette situation-là, ils se soulèveront tôt ou tard, et les impérialistes devront intervenir dans n’importe quelle nation latino-américaine dont le peuple se lasse de l’exploitation".

"Nous avons de quoi défendre notre souveraineté. Nous avons pour ça des armes, et nous avons surtout le plus important : tout un peuple ! La souveraineté de Cuba, le principe de la non-ingérence, nous les défendons ici-même, tout d’abord, et nous-mêmes.  Mais je vous disais que Cuba ne livre pas cette bataille uniquement pour elle, elle la livre pour toute l’Amérique latine, parce que les autres peuples latino-américain, ou du moins beaucoup d’entre eux sont désarmés, sans défense, face à l’ingérence et à l’interventionnisme."

"Avancer d’une année la libération de l’Amérique signifierait des millions d’enfants sauvés de la mort, des millions d’intelligences sauvées de l’inculture, des torrents de douleur infinie épargnés aux peuples".

“Qu’enseigne donc la Révolution cubaine ? Que la révolution est possible, que les peuples peuvent la faire (applaudissements), que, dans le monde d’aujourd’hui, il n’existe pas de forces capables d’empêcher le mouvement de libération des peuples”.

"Cette masse anonyme, cette Amérique de couleur, sombre, taciturne, chantant à travers tout le continent avec la même tristesse et le même désenchantement, cette masse commence maintenant à entrer définitivement dans sa propre histoire, commence à l’écrire avec son sang, commence à souffrir et à mourir pour elle.  
 
Car, maintenant, dans les champs et les montagnes d’Amérique, aux flancs de ses sierras, à travers ses plaines et ses forêts, dans la solitude ou dans le trafic de ses villes ou sur les côtes de ses grands océans et de ses grands fleuves, ce monde plein de raisons commence à tressaillir, les poings lui démangeant de mourir pour ce qui lui appartient, de conquérir ses droits bafoués depuis bientôt cinq cents ans par les uns et par les autres. Désormais, l’histoire devra faire cas des pauvres d’Amérique latine, des exploités et de vilipendés d’Amérique, qui ont décidé de commencer à écrire eux-mêmes, pour toujours, leur propre histoire. On les voit maintenant sur les chemins, à pied, jour après jour, en d’interminables marches qui s’étendent sur des centaines de kilomètres, s’en aller réclamer leurs droits à l’ « Olympe » des gouvernants".

"Là où toutes les issues sont bloquées, où la répression s’acharne sur les ouvriers et sur les paysans et où la domination des monopoles yankees est plus pesante, il faut avant tout comprendre qu’il n’est ni juste ni correct de bercer les peuples de l’illusion, commode mais vaine, que les classes dominantes, manœuvrant tous les leviers de commande de l’État, monopolisant l’instruction, propriétaires de tous les médias, disposant de ressources financières infinies, se laisseront enlever, par des voies légales, qui n’existent ni n’existeront jamais, un pouvoir que les monopoles et les oligarchies défendront par le fer et le feu, en jetant dans la bataille tout le poids de leurs polices et de leurs armées".

"Quelle est l’attitude de l’impérialisme yankee face à cette réalité, objectivement et historiquement inexorable, de la révolution latino-américaine ? Se préparer à livrer une guerre coloniale contre les peuples d’Amérique latine, créer son appareil de coercition, les prétextes politiques et les pactes pseudo-légaux souscrits avec les représentants des oligarchies réactionnaires, pour écraser à feu et à sang la lutte des peuples latino-américains".