AU STADE DE BENADIR, EN SOMALIE

Nous sommes des pays petits et pauvres ; il nous faut faire face à d’énormes difficultés et nous voulons construire beaucoup d'écoles pour tous les enfants. Nous voulons ouvrir des universités et des hôpitaux, nous voulons développer l'agriculture, nous voulons monter des usines, mais nos ressources sont peu abondantes et nos sacrifices, considérables. D'autres ont beaucoup d'argent. A quoi leur sert-il ? A soutenir l'impérialisme, à combattre les peuples révolutionnaires. Nous n'avons que peu de ressources. A quoi nous servent-elles ? A lutter et à travailler pour le peuple, à œuvrer pour le bonheur du peuple.

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Cher compañero Siad Barre,

Chers compañeros de la direction du Parti de Somalie,

Chers amis révolutionnaire du peuple de Somalie (applaudissements),

Je souffre toujours de devoir m'exprimer dans une langue différente de celle que parlent ceux qui m'écoutent, et plus encore si je dois le faire dans un stade, où mes auditeurs sont très éloignés.

J’aime beaucoup les stades lorsqu'on y dispute un match de football, mais moins pour les manifestations politiques (applaudissements). En premier lieu, je tiens à vous remercier tous pour l'accueil extraordinaire que vous nous avez réservé et pour l’affection et la solidarité que vous avez manifestées à l’égard de Cuba (applaudissements). Je serai bref, et je me limiterai à vous faire part de quelques-uns de mes sentiments.

Notre première impression, à notre arrivée en Somalie a été extrêmement favorable (applaudissements). Nous avons découvert un peuple organisé, discipliné et révolutionnaire (applaudissements et exclamations de : « Fidel ! »).

Au cours du spectacle auquel nous avons assisté hier soir, nous avons pu constater l'esprit révolutionnaire du peuple (applaudissements). Dans la matinée d'aujourd’hui, nous avons visité les écoles du gouvernement révolutionnaire pour les enfants sans foyer. Nous avons rendu visite aux miliciens. Nous avons mesuré les efforts réalisés par la révolution somalienne dans les domaines de l'éducation, de la santé publique, du développement économique et de la défense de la patrie (applaudissements).

L'impérialisme veut détruire la révolution dans cette région du monde. L'impérialisme veut détruire la révolution palestinienne, il veut détruire la révolution du Yémen démocratique, il veut détruire la révolution libyenne, il veut détruire la révolution éthiopienne, il veut isoler le peuple héroïque d'Algérie. L'impérialisme veut violer l’ordre et agresser la révolution angolaise ; l'impérialisme prétend établir un régime néo-colonialiste au Zimbabwe, maintenir la domination des monopoles et des racistes sud-africains en Namibie ; l’impérialisme fait tout ce qu’il peut pour perpétuer indéfiniment l'odieux régime raciste en Afrique du Sud,

L'impérialisme organise les agressions contre le peuple du Mozambique. L'impérialisme manœuvre en vue d'établir le néo-colonialisme à Djibouti et d'y installer des bases militaires qui menaceraient les intérêts des peuples du Yémen, d’Éthiopie et de Somalie.

Et l'impérialisme aspire surtout à détruire la révolution de Somalie.

L’impérialisme ne s'est pas incliné devant le fait que la Somalie a acquis son indépendance, a réalisé sa révolution et a opté pour la voie du socialisme (applaudissements).

L’impérialisme ne veut pas que le socialisme s'installe en Afrique. L'impérialisme veut que l'Afrique reste néocoloniale. Et c'est contre ces desseins que nous devons lutter. A l'occasion de cette visite, je tiens à exprimer toute mon admiration au compañero Siad Barre (applaudissements), que je connais depuis plusieurs années et que je considère comme l'un des révolutionnaires les plus brillants et les plus fermes de toute l’Afrique (applaudissements).

Le compañero Siad Barre a lutté pour la révolution somalienne ; le compañero Siad Barre ne s'est pas contenté de consolider l’indépendance de la Somalie, il l'a orientée dans la voie révolutionnaire et dans la voie du socialisme (applaudissements).

Le compañero Siad Barre a forgé une conscience révolutionnaire au sein du peuple somalien et a organisé un parti d’avant-garde capable de diriger la révolution en Somalie. Le nom du compañero Siad Barre figurera à jamais dans l'histoire de la Somalie et de l'Afrique (applaudissements).

Quelles sont les armes dont dispose l’impérialisme pour combattre le mouvement révolutionnaire ? L'impérialisme essaye toujours de diviser les peuples. II veut diviser les peuples arabes, il veut diviser les peuples africains, il veut dresser les peuples les uns contre les autres et même provoquer une guerre entre les peuples progressistes,

En vue d’atteindre cet objectif, l'impérialisme peut compter sur d'importantes ressources et sur l'aide des pays réactionnaires.

L'impérialisme utilise les gouvernements réactionnaires d'Iran et d'Arabie saoudite pour combattre le mouvement révolutionnaire dans cette région du monde.

Les énormes bénéfices que réalisent ces deux pays, en partie aux dépens des pays sous-développés, sont réinvestis dans les pays capitalistes et servent à enrichir les impérialistes, et aussi à fomenter des intrigues et des conspirations pour corrompre et combattre le mouvement révolutionnaire du Tiers-monde. L'impérialisme compte sur l'alliance de l'État agressif d'Israël ; il compte sur le soutien de certains gouvernements réactionnaires d’Afrique et il compte sur l'appui des racistes sud-africains. Quant à nous, sur quoi pouvons-nous compter ? Nous comptons sur nos principes, sur la justesse de notre cause (applaudissements). En tant que peuples révolutionnaires nous devons lutter unis: en tant que peuples révolutionnaires qui avons souffert pendant des siècles l’oppression coloniale nous devons resserrer notre alliance avec le. Mouvement révolutionnaire mondial, avec les pays socialistes et, tout particulièrement, avec la grande Union soviétique (applaudissements et exclamations de : « Fidel ! » et de « Cuba »). En octobre 1969, il y a eu une révolution en Somalie, mais auparavant, en octobre 1917, il y a eu une autre révolution dans le vieil empire des tsars, il s'agissait de la première révolution socialiste (applaudissements). Le peuple soviétique est l'allié le plus fidèle et le plus loyal de tous les peuples qui luttent pour l'indépendance et pour la révolution, il est l'allié le plus ferme et le plus loyal de la Somalie, de Cuba et des pays indépendants (applaudissements). Sans la force et la puissance de l'Union soviétique, l'impérialisme se serait une nouvelle fois réparti le monde.

Le peuple cubain n'est pas nationaliste, mais internationaliste (applaudissements et exclamations de : « Fidel ! » et de « Cuba »). Le peuple cubain lutte pour le socialisme et l'essence du socialisme, c'est l'internationalisme. Quelqu'un a un jour affirmé que l'humanité passait avant la patrie. Nous sommes des pays petits et pauvres ; il nous faut faire face à d’énormes difficultés et nous voulons construire beaucoup d'écoles pour tous les enfants. Nous voulons ouvrir des universités et des hôpitaux, nous voulons développer l'agriculture, nous voulons monter des usines, mais nos ressources sont peu abondantes et nos sacrifices, considérables. D'autres ont beaucoup d'argent. A quoi leur sert-il ? A soutenir l'impérialisme, à combattre les peuples révolutionnaires. Nous n'avons que peu de ressources. A quoi nous servent-elles ? A lutter et à travailler pour le peuple, à œuvrer pour le bonheur du peuple (applaudissements).

Nos ressources naturelles sont rares ; il reste encore à les découvrir ou à les exploiter, mais nous avons des principes révolutionnaires et de la dignité ; nous voudrions pouvoir faire plus pour le peuple. En dépit de notre pauvreté, aussi bien en Somalie qu'à Cuba, nous avons beaucoup fait pour le peuple, pour le bien-être matériel du peuple. Et surtout, nous avons beaucoup fait pour la justice, nous avons beaucoup fait pour la liberté et la dignité des peuples (applaudissements).

Une nouvelle manie des impérialistes consiste à nous rebattre les oreilles avec les droits de l'homme. Pour les impérialistes, il semble que les droits de l'homme équivalent au droit à la discrimination raciale, au droit à l'oppression de la femme, au droit au pillage des ressources naturelles des peuples ; pour les impérialistes les droits de l’homme sont le droit au vice, au jeu, à la misère, à la pauvreté, à l’ignorance. Seuls les pays révolutionnaires, seuls les pays socialistes luttent véritablement pour le respect des droits de l'homme (applaudissements), pour la dignité de l'homme, pour la liberté des peuples (applaudissements et exclamations de : « Fidel ! » et de « Cuba »). Une grande amitié, un grand esprit de collaboration et de fraternité est né entre les peuples de Somalie et de Cuba. Sans cette amitié, la délégation cubaine ne pourrait pas se trouver parmi vous aujourd'hui (applaudissements) ; si la révolution de Somalie n'avait pas eu lieu, nous ne serions pas parmi vous aujourd'hui (applaudissements), et sans les Somaliens qui ont fait des études à Cuba, nous ne pourrions pas vous adresser la parole aujourd'hui (applaudissements). Nous sommes fiers et honorés de l'amitié qui nous lie au peuple de Somalie et nous resterons unis dans la lutte contre l’impérialisme, dans la lutte pour l’unité du mouvement révolutionnaire mondial, dans la lutte pour la dignité et la liberté des peuples.

Merci beaucoup, chers frères somaliens.

Vive l'amitié éternelle qui unit les peuples de Somalie et de Cuba !

La patrie ou la mort ! Nous vaincrons ! (Ovation).

(Fidel Castro revient au mi­cro).

Compañeros somaliens.

J’étais en train de penser à ma patrie. En Somalie, il est 17 h 45 et à Cuba, 9 h 45 ; toutefois, c’est le même soleil qui nous éclaire, et le soleil qui brille sur la Somalie brille aussi sur Cuba. II est un autre soleil qui répand sa lumière, le soleil de la révolution, le soleil du socialisme (applaudissements). Un soleil qui surgit de toutes parts. C’est un soleil qui se lève un jour, mais ne se couche jamais. Merci. (Ovation.)