Allocutions
Nous venons de faire le tour du monde, un périple qui ne nous a pas laissé une minute de trêve. Mais il fallait le faire. Nous devions être les 24 et 25 février à Kuala Lumpur, en Malaisie, pour participer à une importante conférence au sommet alors que la guerre en Irak paraît quasi certaine, que la crise économique internationale s’aggrave, que nous devions absolument rendre visite à des amis de cœur comme le Viet Nam et la Chine avant et après ce sommet, qu’il nous fallait forcément faire escale au Japon d’où nous avions reçu des invitations d’amis importants que nous apprécions.
C’était en 1956. Je me trouvais au Mexique. J’avais dit fort audacieusement que d’ici à la fin de l’année, nous serions libres ou martyrs.
Presque quarante-sept ans se sont écoulés depuis. C’est là qu’a commencé l’histoire de la mère Tekla.
Tout n’est pas encore dit. Nos centres de recherche et de production de nouveaux médicaments soutiendront particulièrement ce programme. Notre solide unité et le caractère de notre système politique, économique et social nous permettront d’atteindre ce but.
Tout a débuté depuis l’arrivée à Cuba du sieur Cason. L’arrestation de plusieurs dizaines de mercenaires, qui trahissent leur patrie en échange de privilèges et de l’argent qu’ils touchent du gouvernement nord-américain, et la peine capitale infligée à des criminels de droit commun qui, portant un pistolet et cinq armes blanches, ont détourné un bateau de passagers dans la baie de La Havane, ont été la conséquence d’une conspiration peaufinée par l’administration nord-américaine et par la mafia terroriste de Miami. C’est si évident que n’importe qui peut le comprendre.
Voilà maintenant quarante-quatre ans que notre peuple héroïque lutte depuis une petite île des Caraïbes à quelques kilomètres de la puissance impériale la plus colossale que l’humanité ait connue. Ecrivant par là une page sans précédent dans l’Histoire. Parce que la lutte n’a jamais été aussi inégale.
Ceux qui croyaient que l’ascension de l’Empire au statut d’unique superpuissance, dotée d’un pouvoir militaire et technique sans contrepoids sur la planète, apeurerait ou découragerait le peuple cubain, sont bien forcés de s’étonner devant le courage multiplié de ce valeureux peuple. Un jour pareil, date glorieuse pour les travailleurs qui évoque la mort des cinq martyrs de Chicago, je déclare au nom du million de Cubains réunis ici que nous ferons face à toutes les menaces, que nous ne céderons devant aucune pression et que nous sommes prêts à défendre la patrie et la Révolution par les…
Nous ne nous repentons pas le moins du monde de ce que nous avons fait dans notre pays et de la façon dont nous avons organisé notre société (applaudissements). Nous avons pu apprendre beaucoup au sujet de nos possibilités et nous avons une idée de nos priorités. Ceux qui veulent un monde meilleur doivent avoir une idée claire des priorités, des possibilités et des réalités. C’est très important.
Cette fois-ci, je n’ai pu aller rejoindre mes frères de la Communauté des Caraïbes. Et croyez-moi que je le regrette profondément, car je n’aurais pas eu plus de grande joie que de partager avec des amis comme vous ce moment de bonheur et de célébration du trentième Anniversaire de la Communauté des Caraïbes, surtout après votre réponse à l’occasion de la commémoration du trentième Anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Cuba et la Barbade, le Guyana, la Jamaïque et Trinité-et-Tobago. J’apprécie votre présence à La Havane le 8 décembre dernier, comme un geste d’…
Se retrouver ici, au même endroit, cinquante ans après les événements que nous commémorons aujourd’hui, survenus en la matinée du 26 juillet 1953, semble presque irréel. J’avais alors vingt-six ans. Cinquante ans de lutte sont passés sur ma vie.
Voilà trente ans à peine, l’humanité n’avait pas la moindre conscience de la grande tragédie. On croyait alors que le seul danger d’extinction consistait dans la quantité colossale d’armes nucléaires prêtes à être lancées en quelques minutes. Sans que des menaces de ce genre aient absolument disparu, un danger de plus, terrifiant, dantesque, la guette. Je n’hésite pas à employer cette phrase forte, apparemment dramatique. Le vrai drame, c’est l’ignorance de ces risques dans laquelle nous avons vécu si longtemps.
Le nom de Cuba passera à l’Histoire pour ce qu’elle a fait et continue de faire au profit de l’humanité dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la santé, à l’époque la plus difficile qu’ait connue notre espèce. Notre pays a-t-il beau être soumis au blocus de la seule superpuissance et au quasi-blocus de l’Europe, les deux ensemble ne pourront pas vaincre la Révolution cubaine, entre autres raisons parce que les deux ensemble ne possèdent ni ne posséderont jamais le capital humain et les valeurs morales nécessaires pour faire ce que Cuba socialiste a été capable de faire.
Voilà le pays que cet empire monstrueux veut détruire, veut rayer de la carte, parce que ce pays-ci, ce peuple-ci, vous, sont devenus un exemple pour les autres pays latino-américains qui vivent toujours plus pauvres, avec toujours plus de problèmes et moins de ressources pour l’éducation et la santé. Et cet empire qui ne veut pas que la vie de tous les pays frères d’Amérique latine et des Caraïbes change, qui ne veut pas que les gouvernements de ces pays puissent dire non à chacune de ses exigences, ne veut pas non plus que Cuba existe comme un phare, comme une étoile.