« J’ai pu ensuite, une fois récupérée la pleine maîtrise de mon cerveau, beaucoup lire et réfléchir, compte tenu de mon repos forcé. J’avais assez de forces pour écrire pendant de longues heures, une occupation que j’ai partagée avec les séances de physiothérapie et les programmes de rétablissement pertinents. Un bon sens élémentaire m’indiquait que cette activité était à ma portée. Je me suis toujours soucié par ailleurs, en parlant de ma santé, de ne pas faire naître de fausses illusions dans notre peuple, un dénouement fatal en pleine bataille risquant d’être traumatisant pour lui.

“Depuis toujours, la Révolution cubaine a instruit le peuple, formé des centaines de milliers d’enseignants, de médecins, de scientifiques, d’intellectuels, d’artistes, d’informaticiens et d’autres diplômés des trois cycles universitaires dans des dizaines de secteurs. Cette accumulation de richesse humaine nous a permis de réduire la mortalité infantile à des taux inimaginables dans un pays du tiers-monde, d’élever l’espérance de vie et de faire passer le taux de scolarité moyen de la population à neuf années d’étude.”

"Si l’Empire parvenait à contrôler de nouveau Cuba, il ne resterait plus un seul des établissements d’enseignement supérieur créés par la Révolution pour offrir ce droit à tous les jeunes: sa politique avouée est d’envoyer la plupart de ces derniers couper la canne à sucre. Il s’efforcerait de voler les talents artistiques et scientifiques déjà formés, comme il le fait dans les autres pays de notre continent.

"La puissante nation du Nord fut toujours hostile à notre lutte, car, selon la destinée manifeste, le lot de notre patrie était depuis longtemps l’intégration à son territoire en pleine expansion.