"Pas un mot de ses innombrables victimes, de ses attentats à la bombe, ces dernières années, contre des installations touristiques, de ses dizaines de plans financés par le gouvernement étasunien pour me tuer. Comme s’il n’avait pas suffi à Bush d’outrager le nom de Cuba en installant sur le territoire illégalement occupé de Guantánamo un épouvantable centre de tortures semblable à celui d’Abou Ghraib et qui, une fois connu, a horrifié le monde. Comme s’il ne lui avait pas suffi de l’action cruelle de ses prédécesseurs. Comme s’il ne lui avait pas suffi de contraindre un pays pauvre et sous-développé comme Cuba à dépenser cent milliards de dollars en trop. Accuser Posada Carriles, c’était s’accuser lui-même!"
 
(...)  
 
"Comme s’il n’avait pas suffi de l’invasion mercenaire de Playa Girón (...)"  
 
"Comme s’il n’avait pas suffi de la crise des Missiles, en octobre 1962, qui a mené le monde au bord même d’une guerre thermonucléaire totale, quand les bombes de l’époque étaient déjà cinquante fois plus puissantes que celles d’Hiroshima et de Nagasaki".
 
"Comme s’il n’avait pas suffi de l’introduction dans notre pays de virus, de bactéries et de micro-organismes visant des plantations et le cheptel, voire, même si cela semble incroyable, des êtres humains. Ce sont des laboratoires étasuniens, en effet, qui ont mis au point certaines de ces substances pathogènes que des terroristes avérés au service du gouvernement des Etats-Unis ont ensuite introduit à Cuba".
 
"(...) l’injustice énorme qui consiste à maintenir en prison cinq patriotes héroïques qui, accusés d’avoir fourni des informations sur des activités terroristes contre leur pays, ont été condamnés d’une manière illégitime à des peines de jusqu’à deux réclusions à vie pour une même personne et qui supportent stoïquement, chacun dans un pénitencier différent, de cruels sévices".

"Voilà quasiment cinquante ans que notre peuple est en butte à un blocus cruel. Des milliers de ses enfants ont été tués ou mutilés à cause de la sale guerre menée contre Cuba, le seul pays au monde auquel on applique une Loi d’ajustement qui récompense l’émigration illégale et qui a causé à son tour la mort de citoyens cubains, dont des femmes et des enfants, un pays qui a perdu voilà plus de quinze ans les principaux marchés où il obtenait des denrées alimentaires,  de l'énergie, des machines, des matières premières, des crédits à long terme et à taux d’intérêt bas. Le camp socialiste est tombé d’abord, puis, presque aussitôt, l’URSS démembrée morceau après morceau. L’Empire a alors intensifié et internationalisé son blocus ; les protéines et les calories (...) on vit apparaître des maladies comme la névrite optique et d’autres ; la rareté de médicaments, eux aussi victimes du blocus, se généralisa : ils ne pouvaient entrer, pour nous démoraliser, qu’à titre d’œuvre caritative et se transformaient en source de ventes et d’affaires illicites. Il fallut inévitablement décréter la Période spéciale, qui a été la somme de toutes les conséquences de l’agression et des mesures désespérées que nous avons été contraints d’adopter, ce train de mesures nuisibles ayant été renforcé par l’énorme appareil de propagande de l’Empire. Tout le monde attendait, qui avec tristesse, qui en proie à une jubilation oligarchique, l’effondrement de la Révolution cubaine".

"Pourquoi, au nom de la liberté d’expression, n’a-t-on toujours pas déclassifié un seul document qui permette de savoir comment, voilà déjà presque un demi-siècle, la CIA a fait exploser le cargo La Coubre?"

" Les bombardements impitoyables de cibles civiles et la résistance héroïque du peuple serbe sont en train de causer un impact en Europe et ailleurs, voire au sein même de l’OTAN. "

"C’est quand nous avons fait notre réforme agraire, en mai 1959, qu’Eisenhower a décidé de ce qu’il fallait faire (...) C’est dans le cadre de ces décisions hâtives qu’Eisenhower supprima en décembre 1960 nos contingents sucriers qui furent redistribués ensuite, en guise de punition, entre des producteurs d’Amérique latine et d’autres régions du monde. Notre pays se retrouva en proie à un blocus et isolé.
 
Le pire fut le manque de scrupules et les méthodes dont fit preuve l’Empire pour nous imposer sa domination : il introduisit des virus dans notre pays et liquida nos meilleurs plantations de canne à sucre ; il attaqua notre café, il attaqua notre pomme de terre, il attaqua aussi nos porcs. (...) Les Yankees liquidèrent les meilleures en utilisant des vecteurs. Pire encore, ils introduisirent le virus de la dengue hémorragique (...) Nous ne savons pas s’ils ont employé d’autres virus, ou alors s’ils ont eu peur de le faire à cause de la proximité de Cuba".

"Vous accusez les révolutionnaires cubains d’être des tortionnaires. Je vous invite sérieusement à présenter un seul cas de torture parmi les plus de mille envahisseurs capturés après les combats de Playa Girón. J’étais là, sur place, pas à l’abri d’un lointain poste de commandement. J’ai fait personnellement, aidé d’autres combattants, de nombreux prisonniers ; je suis passé devant des escouades armées toujours dissimulées dans les bois qui auraient pu faire feu, mais n’en firent rien, paralysées par la simple présence sur place du chef de la Révolution. Je regrette d’avoir à mentionner ce genre de fait qui peut passer pour un éloge personnel, ce que je déteste sincèrement".

"Votre accusation contre les révolutionnaires internationalistes cubains – vous affublez l’un d’eux, capable de « torturer à mort un prisonnier », du surnom de Fidel – est absolument immorale.
 
Je me permets de vous le rappeler, M. McCain : les commandements de la religion que vous professez vous interdisent de mentir. Vos années de prison et les blessures que vous avez reçues à la suite de vos attaques contre Hanoi ne vous exonèrent pas du devoir moral de la vérité".

"Quand la Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959, presque quinze ans après l’éclatement des premières armes nucléaires, et qu’elle promulgua une loi de réforme agraire basée sur le principe de la souveraineté nationale consacré par le sang des millions de combattants qui moururent durant cette guerre-là, les Etats-Unis répondirent par un programme d’actions illégales et d’attentats terroristes contre le peuple cubain, souscrit par le président des Etats-Unis en personne, Dwigth D. Eisenhower".

"La retraite finale des USA au Vietnam confina au désastre : une force d’un demi-million d’hommes entraînés et armés jusqu’aux dents ne put résister à la poussée des patriotes vietnamiens. Les occupants et leurs complices fuirent à la débandade de Saïgon, la capitale coloniale, aujourd’hui Ho Chi Minh, certains accrochés aux hélicoptères. Les Etats-Unis perdirent plus de 50 000 de leurs enfants, sans compter les mutilés. Ils avaient dépensé cinq cent milliards de dollars dans cette guerre, sans avoir levé d’impôts toujours désagréables en soi. Nixon renonça unilatéralement aux engagements de Bretton Wood et jeta les fondements de la crise financière actuelle. Tout ce qu’ils obtinrent fut un candidat pour le Parti républicain, quarante et un ans après".

"Quand les envahisseurs y débarquèrent, il y existait trois routes qui traversaient les marais, des centres de tourisme conclus et en chantier, et même un aéroport à proximité de la plage Girón, qui fut le dernier réduit des forces ennemies que nos combattants prirent d’assaut le 19 avril 1961 dans l’après-midi. J’ai parlé d’autres fois de cette histoire. Des manœuvres de diversion de la marine de guerre étasunienne retardèrent notre attaque foudroyante avec des chars, le 18 à l’aube. (...) Ce fut une tradition dans notre armée, dès le premier combat victorieux du 17 janvier 1957, de soigner les blessés. L’histoire de notre Révolution en fait foi".

"McCain a-t-il pensé une fois ou l’autre aux Cinq Héros antiterroristes cubains enfermés dans des prisons solitaires comme celles qu’il dit détester, contraints de se présenter devant un jury de la Petite Havane pour des crimes qu’ils n’ont jamais commis, dont trois ont été condamnés à la prison à vie – et l’un à deux prisons à vie – et les deux autres à dix-neuf ans et quinze ans de privation de liberté ? Sait-il que les autorités de son pays ont reçu des informations qui auraient pu éviter la mort d’Etasuniens dans des attentats terroristes ?
 
Connaît-il les activités de Posada Carriles et d’Orlando Bosch, responsables de l’attentat à la bombe commis contre un avion de passagers cubains en plein vol et de la mort de ses soixante-treize occupants ?
 
Pourquoi ne parle-t-il pas de ça aux élèves militaires d’Annapolis ?
 
Les Héros cubains sont en prison depuis bientôt dix ans. Ils n’ont jamais assassiné ni torturé personne. Ne les accusez pas maintenant d’être allés au Vietnam torturer des pilotes étasuniens".

"McCain a participé activement à une audience tenue le 21 mai 2002 au sujet de Cuba par la sous-commission des questions de consommation, de commerce extérieur et de tourisme, rattaché à la Commission des sciences et des transports, au cours de laquelle il a réitéré que notre pays constituait une menace pour les Etats-Unis par sa capacité à produire des armes biologiques, une assertion dont James Carter a montré le ridicule. Il a proposé, en octobre 2003, une motion afin d’interrompre le débat sur des mesures proposées pour assouplir les obstacles aux voyages à Cuba".