"Nous ne souhaitons pas que le sang de Cubains et d’Etasuniens coule dans une guerre ; nous ne souhaitons pas qu’un nombre incalculable de personnes qui peuvent même être amicales perdent la vie dans une guerre. Mais jamais notre peuple n’a eu des choses si sacrées à défendre, des convictions si profondes pour lesquelles se battre, de sorte qu’il préfère être rayé de la face du monde plutôt que de renoncer à l’œuvre noble et généreuse pour laquelle de nombreuses générations de Cubains ont payé un coût élevé en vies de leurs meilleurs enfants. Nous sommes absolument convaincus que les idées peuvent plus que les armes, si perfectionnées et puissantes qu’elles soient. Disons donc comme le Che dans sa lettre d’adieu : Hasta la victoria siempre!"

 

Discours et interventions : Pour la Journée internationale des travailleurs, sur la place de la Révolution, le 1er mai 2003.

ALLOCUTION PRONONCÉE PAR FIDEL CASTRO RUZ, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS

“La crise que le monde traverse de nos jours n’est pas – et ne peut pas l’être – celle d’un pays, d’un sous-continent ou d’un continent : elle est aussi mondiale. Voilà pourquoi le système impérial et l’ordre économique qu’il a imposé au monde sont intenables. Les peuples décidés à lutter non seulement pour leur indépendance, mais aussi pour leur survie ne pourront jamais être vaincus, même s’il s’agit d’un seul peuple”.


La bataille est maintenant plus dure, plus difficile. Un empire hégémonique sur une planète mondialisée, autrement dit la seule superpuissance ayant subsisté à la fin de la guerre froide et du conflit prolongé entre deux conceptions politiques, économiques et sociales foncièrement différentes, constitue un obstacle énorme à la seule chose qui pourrait préserver aujourd’hui non seulement les droits de l’être humain les plus élémentaires, mais même sa propre survie”.

La humanité peut se sauver, parce que le Empire souffre une crise profonde. Sans crises, pas de changements ; sans crises, par de conscientisation. Une journée de crise conscientise plus que dix années où il ne se passe rien, dix années sans crises.

“C’est un fait réel, visible qui dépasse  toutes les difficultés et qu’au-delà de toutes les adversités, la vérité se fraie un chemin, que les idées les plus justes se multiplient et que des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions sont en train de grossir les rangs de la vérité, et que cette vérité ou que ces vérités écraseront l’empire.  Et ce non seulement à l’extérieur mais aussi à l’intérieur.”

“C’en est assez de tant de crétinisme, de tant d’abus, de tant de règne de la force et de la terreur dans le monde. Ce règne disparaît face à l’absence totale de peur, et nous sommes toujours plus nombreux, comme peuples, à avoir toujours moins peur, les rebelles seront toujours plus nombreux et l’Empire ne pourra plus continuer de maintenir le système infâme qu’il soutient encore.”

“L’Empire ne put atteindre son objectif : démembrer l’Angola et escamoter son indépendance. La lutte longue et héroïque des peuples angolais et cubain l’en empêcha”.

"La conduite et les actions de Cuba en riposte aux provocations de l’Empire seront foncièrement pacifiques, mais nous frapperons de toute la force de notre morale et nous serons prêts à verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang face à toute agression militaire de l’Empire convulsé et brutal qui nous menace. Que nul n’oublie un seul instant la promesse grandiose d’Antonio Maceo, notre Titan de bronze : « Quiconque tentera de s’emparer de Cuba recueillera la poussière de son sol baignée de sang, s’il ne périt dans la lutte. »"

"Presque cinquante ans de blocus, le plus long de l’Histoire. Merci, ô Empire yankee, de nous avoir fait grandir, de nous avoir fait gagner en hauteur au fil des ans ! Tout ce que tu as obtenu, c’est que le sang versé par tous les Cubains qui se sont battus et sont morts ici et ailleurs ait fini par infliger une défaite ignominieuse à ton blocus cynique, à tes tentatives criminelles de nous détruire !"

"L’impérialisme ne pourra jamais écraser Cuba".

"En fait, le gouvernement des Etats-Unis et ses institutions les plus représentatives avaient décidé d’avance de libérer le monstre. (...) Ceux qui l’ont entraîné et lui ont ordonné de détruire en plein vol un avion de passagers cubain emportant à son bord soixante-treize personnes, entre athlètes, étudiants et autres voyageurs cubains et étrangers, en plus de son courageux équipage ; ceux qui, alors que le terroriste était incarcéré au Venezuela, ont acheté sa liberté pour qu’il fournisse des armes et dirige pratiquement une sale guerre qui a coûté au peuple nicaraguayen des milliers de vies et la ruine du pays pour plusieurs décennies ; ceux qui lui ont donné toute latitude pour faire de la contrebande de drogues et d’armes afin de contourner les lois du Congrès ; ceux qui ont mis au point avec lui la terrible Opération Condor et internationalisé la terreur ; ceux qui ont torturé, tué et bien des fois fait disparaître physiquement des centaines de milliers de Latino-américains, ceux-là, donc, ne pouvaient pas ne pas agir comme ils l’ont fait".

"Le représentant le plus authentique du système de terreur que la puissance la plus redoutable qu’ait connue notre planète a imposé au monde grâce à sa supériorité technologique, économique et politique est sans nul doute George W. Bush".