Nous vivons des temps nouveaux. Les changements sont inéluctables. Les leaders passent, les peuples restent. Pas besoin d’attendre une éternité : il suffira de huit ans à peine pour qu’à bord d’une voiture plus blindée, d’un hélicoptère plus moderne et d’un avion plus perfectionné, un autre président des États-Unis, sans doute moins intelligent, moins prometteur et moins admiré dans le monde que Barack Obama, occupe ce poste sans gloire.
Un miracle a dû se produire, pensais-je. On aura découvert la pierre philosophale. Alors, pourquoi m’inquiéterais-je davantage ? Que nul n’aille penser que c’est l’œuvre du hasard. Ne savons-nous donc pas lire et écrire ? C’est écrit en toutes lettres dans treize des quatre-vingt-dix-sept paragraphes, qui totalisent soixante-sept pages, de la Déclaration finale : l’OEA nous a tous sauvés.
Ce qui m’a vraiment impressionné jusqu’à ce moment du Sommet, samedi 18 avril, 11 h 47, où j’écris ces lignes, c’est le discours de Daniel Ortega. Je me suis promis de ne rien publier jusqu’au lundi 20 avril pour observer ce qu’il se passait à ce fameux Sommet.
Allez savoir combien de gens aux États-Unis écrivent à Obama et combien de questions différentes ils lui posent. Il ne peut lire toutes les lettres, c’est évident, ni aborder chacun des points car les vingt-quatre heures de la journée ne lui suffiraient pas, ni les trois cent soixante-cinq jours de l’année. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que les conseillers, aidés d’ordinateurs, d’appareils électroniques et de portables, répondent à toutes les lettres dont la teneur sera enregistrée, sans compter qu’il existe déjà des réponses préparées d’avance à partir des nombreuses déclarations faites…
Combien de pétrole va-t-on consommer dans le monde, à quel coût et à quel prix ? Quels sont les responsables de la tragédie ? Quelles limites imposera-t-on à Copenhague aux pays encore à développer ? Un problème bien compliqué.
J’ai parlé aujourd’hui en toute franchise des atrocités commises contre les peuples latino-américains. Ceux des Caraïbes n’étaient même pas indépendants au triomphe de la Révolution cubaine. Le 19, le jour où conclura le Sommet des Amériques, Cuba fêtera le quarante-huitième anniversaire de sa victoire à Playa Girón. Avec l’OEA, j’ai pris des gants : je n’ai pas dit un seul mot qui pourrait s’interpréter comme une offense à cette vétuste institution, bien que tout le monde sache combien elle me répugne.
Voilà quarante-huit ans, des forces mercenaires au service d’une puissance étrangère envahissaient leur patrie, escortées par une escadre des États-Unis qui comprenait un porte-avion et des dizaines d’avions de combat. On ne saurait oublier cette date.
Cuba a résisté et résistera. Elle ne tendra jamais la main en quête d’aumônes. Elle ira de l’avant le front haut, coopérant avec les peuples frères d’Amérique latine et des Caraïbes, qu’il y ait ou non des Sommets des Amériques, qu’un Obama préside les États-Unis ou non, ou un homme ou une femme, ou un Blanc ou un Noir.
Evo fait une grève de la faim rigoureuse depuis quatre jours. Il a pris la parole hier soir et il l’a fait de nouveau aujourd’hui à midi. D’une manière sereine, persuasive et catégorique. Il a offert un « registre électoral biométrique » encore meilleur que celui qui a présidé aux élections antérieures et que les institutions internationales ont pourtant qualifié de fiable et de qualité.
J’ai souvent pensé ces jours-ci n’avoir pas à écrire le lendemain et pouvoir consacrer une partie de mon temps à lire et à étudier, comme je l’ai fait tant de fois. Mais les événements importants qui se sont déroulés ces dernières semaines en rapport avec l’économie et la politique mondiales et des faits tels que ceux qui se passent en Bolivie me l’ont empêché.
Si, en Bolivie, l’oligarchie se heurte à un leader sérieux et solide de la taille d’Evo Morales, au Venezuela, les adversaires de la Révolution bolivarienne qui plaçaient tous leurs espoirs dans le coup que la crise économique internationale assénerait au pays, comprendront que la lutte de Chávez pour le socialisme est capable de surmonter n’importe quel obstacle.
Le président Evo Morales, la Coordinatrice nationale pour le changement et la Centrale ouvrière bolivienne font une grève de la faim massive devant le Palais du gouvernement pour exiger le respect de la Constitution et de la Loi de transition électorale que l’opposition bloque depuis des mois afin de saboter les élections.